Le festival Teranova vu par le photographe David Siebert
Le mardi 15 février 2005
Du 18 au 28 novembre 2004, s’est déroulé en Lorraine le festival nomade de performances poétiques Teranova, présidé par le poète Fernando Arrabal.
Pendant 11 jours consécutifs, le festival s’est déplacé dans 12 villes et 22 lieux. Plus de cent artistes, poètes, performers, danseurs, musiciens,..., ont prêté leurs mots et leur chair au corps du festival. Parmi eux, Fernando Arrabal, Luce Moreau, Bernard Lubat, le collectif 129 H, Jean-Pierre Verheggen, Werner Lambersy, les Périphériques vous parlent, Jacques Vallet, Philippe Di Folco, Frédéric Vignale, Jean-Sébastien Gallaire, Gwenaël De Boodt, Emmanuel Fleitz, la Cie Osmosis, le collectif La Brèche, City Lights Firenze, Maëlstrom...
L’une des révélations de ce festival, co-organisé par les éditions Hermaphrodite et Mario Salis, fut le photographe David Siebert, présent sur presque tous les lieux, tous les jours, discret, capturant les moments off du festival, instants indicibles de solitude, d’errance et de réflexion. Qu’est-ce que la poésie ? Où sont les poètes ? Qui sont-ils ?
Fruit de son travail, le petit film péripatécien, Teranova vu par David Siebert, 5 minutes photographiques mises en musique. Deux possibilités de voir le film : directement dans la fenêtre prévue à cet effet ou en téléchargeant le film (click droit sur la souris et "enregistrer la cible sous"). Ou encore pour ceux qui souhaitraient une version de qualité parfaite en très bonne définition et visionnable en plein écran, vous pouvez commander le DVD du film aux éditions Hermaphrodite pour le prix de 3 euros (ce qui couvre les frais postaux et la gravure) : Les éditions Hermaphrodite, festival Teranova, 9, rue des Tanneries, 54000 Nancy).
Le photographe David Siebert vu par Frédéric Vignale
"David Siebert ou le photographe embarqué"
Un bon oeil est un oeil en immersion totale dans le groupe. Entre discrétion et attentisme, faisant corps avec l’événement, à la fois suiveur du mouvement et captateur des émotions potentielles.
Un grand photographe a un clic d’avance sur son époque, il précède le moment, il met en scène la vie des autres pour mieux la retranscrire en cliché, sans clichés.
David Siebert contruit des catalogues pour l’Histoire des Arts, pour la mémoire des artisans du style, entre le particulier et le général, dans la chambre obscure de nos désirs inavoués.
David Siebert vole les âmes et les corps avec respect et tact, nonchalance et sensibilité, mais le résultat est le même, il nous dépossède de nos danses. Il s’approprie nos états d’être, nos états d’hommes, ce rapport si intime que l’on a avec les images que l’on projette.
A ce jeu-là les petits et les grands, les célèbres et les anonymes sont les pions coopératifs, farouches ou terrifiés, flattés par l’oeil et sa focale millimettrée.
David Siebert est un vautour élégant, son charme à l’italienne fait passer la pilule. Ses magnifiques subtilisations, entre latéralité et oblique, entre noir et blanc, sont déjà une mise en abîme de nos vies et de cet éphémère qu’il est le seul à restranscrire de la sorte.
David Siebert est en balade, son oeil sexué reluque toutes les courbes de nos transhumances, ses panoramiques ont irrémédiablement rendez-vous avec le talent. Siebert photographie à l’instant, à l’instinct."
 Photographie David Siebert
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Philippe Krebs