Accueil
Webzine
Textes
Le vendredi 17 avril 2009
|
|
|
|
Comment noyer vos gros ? par Coline Honoré,
|
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
|
|
Un peu comme « les roux craignent », et « les prognathes sont laids », il est de notoriété publique que les gros ne méritent pas la vie. Le plus efficace étant de faire l’inventaire des moyens disponibles pour commettre un crime. Analysons la pratique du pistolet : Lorsque vous avez affaire à une personne normale, elle est très efficace. Cependant, avec les gros, cela n’a aucun effet. Cela pour une raison très simple : ils ne sentent même pas la balle. Elle va se perdre dieu sait où, et la blessure est immédiatement coincée entre deux bourrelets de graisse, empêchant le sang de s’épancher. Maintenant, la pendaison. Là encore, sa graisse sauve le gros. Effectivement, son triple menton empêche de faire le travail proprement. La crucifixion : Essayez de trouver du bois assez solide, bonne chance. Il est probable que deux troncs de chêne attachés fassent l’affaire. L’enfermement sans nourriture : Si vous avez un an devant vous, vous pouvez toujours essayer. De plus, ce mode d’assassinat est un véritable supplice pour le gros, pour qui la nourriture est la seule raison de vivre. Il est possible qu’il meure de chagrin au troisième jour. Le poison : La gloutonnerie du gros le lui fera avaler, mais la dose devra être de plusieurs litre pour rester efficace : effectivement, le gros étant énorme, le poison se dilue énormément dans le corps. Le couteau : Voir pistolet. C’est pareil, avec un couteau vous atteindrez à peine la dernière couche de peau. Cependant, un sabre serait peut-être efficace. Mais il risquerait de vous tuer aussi, ouvrant la voie à plusieurs mètres cubes de graisse se ruant sur vous et vous étouffant. Pousser le gros du haut d’un immeuble : Très malin, mais avant de le pousser, vous devrez lui faire monter plusieurs dizaines d’étages, ce qui est impossible. Et n’essayez pas de le mettre dans l’ascenseur, il y a toujours un poids maximum que le gros dépasse. Lui rouler dessus en voiture : si vous possédez un char d’assaut, c’est une solution envisageable. L’étrangler : si vous avez des mains de quarante centimètres, pourquoi pas. Lui trancher la gorge : comme avec la balle, la blessure sera engloutie par la graisse de ses trois mentons et le sang ne pourra pas couler. L’obliger à manger jusqu’à ce qu’il éclate : il tiendra plus longtemps que vous, il est entraîné. Lui casser les reins avec une barre à mine : Il vous faudra d’abord trouver OU sont les reins. Après cette réflexion sommaire, la noyade nous apparaît comme une solution évidente. Mais analysons ses qualités. La noyade est efficace, et le gros ne souffre pas, car ils est habitué à être submergé par du liquide. Cela ne vous coûtera que le prix de la piscine. ( vous pourriez faire ça dans une baignoire, mais ce serait bien plus cher d’acheter une baignoire de trois mètres sur trois.) Ce sera facile de brouiller les pistes : vous direz que le gros s’est noyé tout seul. Tout le monde vous croira : en effet, tout le monde déteste les gros. Maintenant, comme tout assassinat, une noyade ne s’improvise pas. Un inconvénient majeur et bien connu peut en effet nous empêcher de parvenir à nos fins. Comme tout le monde le sait, les gros flottent sur l’eau, comme les bateaux. Il faut donc les obliger à manger des pierres avant de les emmener à la piscine. Là, il ne faut pas sous-estimer le gros : malgré que ses yeux soient cachés sous ses paupières grasses, il verra que ce que vous leur donnez est une pierre et refuseront. Il faut donc employer le stratagème suivant : tartiner une couche de beurre sur la pierre. Il croira que c’est une énorme motte de beurre et l’avalera tout rond. Attention, surveillez le gros : s’il va aux toilettes avant d’aller à la piscine, la pierre ressortira directement, car le beurre glisse. Le gros étant prêt, vous pouvez l’emmener à la piscine. Une dernière petite difficulté pourrait se poser : trouver un maillot de bain au gros. En effet, il est interdit d’aller nu à la piscine, surtout pour les gros, qui ont un corps très laid. Vous pouvez par contre recycler une bâche, et il n’y a pas besoin de bonnet car les gros sont tous des gros loubards chauves. S’il a par exception encore des cheveux, il suffit de lui raser : comme il va crever juste après, ça n’a pas d’importance. Dernier inconvénient, et non des moindres : comment empêcher le gros de vider tout l’eau en sautant dans la piscine ? En effet, il n’a d’autre choix que se laisser tomber dans l’eau, car le gros est incapable de s’assoir, tout comme de voir ses pieds. Solution : aller dans une très grande piscine. Le volume d’eau restant devrait être suffisant pour noyer le gros. A partir de là, l’opération demande un minimum d’expérience (on ne devient un bon noyeur de gros qu’après une moyenne de quatre gros noyés). Pour votre première noyade, n’hésitez pas à demander l’aide du maître nageur de la piscine qui fort souvent est un expert. Avec ces conseils, vous devriez vous débrouiller. A la semaine prochaine pour de nouveaux trucs.
|
|
|
Originaire de la lointaine et mystérieuse contrée de la belgique, dont les traces de civilisation les plus marquantes à ce jour sont les contes de la valétudinaire princesse Fabiola, les Tintins vicelards de Jan Bucquoy et le virevoltant Plastic Bertrand, Coline Honoré est née en 1990 et réside dans la ville du Manneken Pis. Afin de sortir de la monotonie de ses études de graphisme, elle trimballe son petit gabarit et ses jupettes plissées sur les planches de théâtre Adepte de la customisation de gourdins et de la domestication des homards, conceptrice de lingerie pour les femmes à trois seins, elle écrit ses propres pièces et des chroniques drolatiques. Mais surtout, Coline Honoré s’amuse, de sa plume doucement cynique et par quelques termes médicaux-gore emplis de joyeuse dégueulasserie, à énerver les cons. « Comme j’ai la chance d’avoir bonne mémoire, je me suis rappelée qu’il était extrêmement simple de choquer les gens », qu’elle dit l’impétueuse gamine, et on ne va surtout pas lui reprocher cette lucidité. " Mais la féroce demoiselle ne se résume pas à ses absurdes pamphlets guerriers . Dotée d’autant de facettes que le poulpe a de tentacules, notre sauvage bout de chou de Bruxelles dessine des bustes féminins, sexy et enfantins, petites pin-ups éthérées et amputées aux lèvres charnues. Le trait est aussi délicat que sa prose est grinçante, et ses portraits minimalistes dégagent une douceur morbide charmante.
|
||||
|
|
|
Il y a 1 contribution(s) au forum.
|
|
En Résumé
Plan du Site
Le Collectif
La Rédaction
Contact
Catalogue
Lettre d’Information
Textes & illustrations sous COPYRIGHT de leurs auteurs. Traduction/Translation