Guillaume Dustan, paix à ton âme !
décès de l’écrivain le 3 octobre 2005


par Docteur Hard,    

 

DANS LA MEME RUBRIQUE :

Parution du n°2 des Cahiers Leiris
Cahier d’Ubiquité
V.I.T.R.I.Ø.L.
Grandes Espérances de Kathy Acker
Grand-Père de Jean-Louis Costes
Guillaume Dustan, paix à ton âme !
La Littérature à contre-nuit
Des nouvelles de Dieu...
Pierre Guyotat, « réaliste de l’imaginaire »
Attaques sur le chemin le soir dans la neige
ON VIT DRÔLE...
100 BONNES RAISONS DE "FAIRE" DE LA POÉSIE
Chier dans le cassetin aux apostrophes
VIOLETTE LEDUC : LA LAIDE INSPIREE
"Anti-Liban, un premier roman où se perdre en confiance"
ESTHETIQUE DE L’ACCIDENT
J’ai beaucoup souffert de ne pas avoir de mobylette
Tombés des mains du soleil
Quand les chiens parleront...
Au Nord de tes parents
D’un mausolée à l’autre
La fille ? Une bombe à retardement
Vaquette à un doigt du prix de Flore
Tétanies
"Je gagne toujours à la fin"
Bistro Bistro
Allah Superstar de Y.B
Trouée sonore
De ce dont on ne peut parler


 

A l’heure des débats autour du Goncourt de Weyergans, "Goncourt d’élégance" (dixit Libé), et de l’"impossibilité d’un prix" pour Michel Houellebecq, la France des lettres semble faire peu de cas du décès de l’écrivain-trublion, qui, comme Houellebecq, possédait un sens inné de la provocation, j’ai nommé Guillaume Dustan.
Ce renégat des lettres, mort à 40 ans, dont le corps a été retrouvé trois jours après son décès (le 3 octobree 2005), par la famille à son domicile parisien, méritait mieux que les seuls hommages de Frédéric Beigbeder sur Canal (merci Frédéric d’être un des rares à t’occuper encore parfois de littérature à la télé), deux papiers dans Libé (1) (2), et quelques malheureuses feuilles de chou virtuel sur quelques sites gays et lesbiens.

A ceux qui, comme TF1, titrent "Mort de l’écrivain gay Guillaume Dustan, adepte du sexe à risques" ou qui, comme Didier Lestrade, 47 ans, séropositif depuis dix-huit ans, cofondateur d’Act Up et de Têtu disent : « Il est mort seul, c’est triste. Mais on ne va pas oublier qu’en disant "la capote, ça ne sert plus à rien", il s’est rendu responsable de contaminations. », je répondrai ici, que chacun est libre, en âme et conscience, de faire ce qu’il veut de son cul et qu’à priori, en France, dans ce joli pays des droits de l’homme où tous les gens naissent libres et égaux, le citoyen lambda sait que s’il pratique des relation sexuelles avec le citoyen beta sans se protéger, il risque d’y laisser non pas sa quéquette mais toutes ses plumes et sa santé... Il serait triste de résumer l’oeuvre de Guillaume Dustan à ce seul éclat, fut-il aussi sombre que le désespoir et nihiliste comme un coup de poignard que l’on plonge dans son propre coeur.
Guillaume Dustan est mort et cela ne change rien à l’histoire des gays et lesbiens, lui qui fut adoubé par le milieu hétéro, si ce n’est "tous les jeunes écrivains qu’il publiera dans sa collection de littérature gay et lesbienne « le Rayon », fondée chez Balland en 1999" (Libé). Oui, Guillaume a été vilain de dire des choses vilaines. Oui, il faut se protéger et ne pas tendre ses fesses dans la pénombre des backrooms et se laisser aller au charme mortifère et vénéneux du bareback. Mais non, Dustan ne mérite pas d’être mis au ban de la communauté, et oui, ses textes méritent d’être relus. Il y aurait encore beaucoup à dire sur Dustan, mais l’heure n’admet plus les cris et l’outrance de propos épidermiques, il est plus que grand temps d’aller déposer une fleur sur le catafalque de sa disparition et de le remercier d’avoir été un homme de l’"être" avant que d’être un homme du "néant".

A lire sur le sujet l’article Dustan qui passe, dont voici un extrait :

"La mort de Guillaume Dustan est un jalon dans l’histoire littéraire, un repère pour suivre le cours de la société, la température des générations, sans préjuger en rien que l’histoire des idées, comme l’histoire, puisse avancer ni reculer, aller mieux ou plus mal, ce n’est pas la question. Avec Guillaume Dustan disparaît une sorte de book hero, comme on disait guitar hero jadis, un auteur culte dont les fans aimaient à la fois l’écriture, la personnalité, les provocations médiatiques." (extrait du journal Libération)

Et aussi le petit papier nécro de l’AP (L’Associated Press) :

PARIS (AP) -- L’écrivain Guillaume Dustan est décédé la semaine dernière d’une "intoxication médicamenteuse involontaire" à Paris, a-t-on appris lundi auprès des maisons d’édition P.O.L et Flammarion. Il avait 40 ans. Selon le site internet du magazine "Têtu", le corps de l’écrivain homosexuel a été retrouvé par sa famille dans l’appartement qu’il occupait depuis un mois dans la capitale. D’après l’autopsie pratiquée à l’institut médico-légal, Guillaume Dustan est décédé le 3 octobre dernier.
Né en 1965, Guillaume Dustan, de son vrai nom William Baranès, étudie à l’Ecole nationale d’administration (ENA) avant de devenir juge administratif, selon le site "têtu.com".
Séropositif, il publie en 1996 son premier roman "Dans ma chambre" où il évoque les relations sexuelles non protégées entre homosexuels à Paris, dans les années 1990. Dans la foulée, il publie deux autres livres autobiographiques, "Je sors ce soir" et "Plus fort que moi", toujours aux éditions P.O.L.
En 1999, il reçoit le prix de Flore pour son roman "Nicolas Pages", publié aux éditions Balland, où il crée une collection de littérature gay et lesbienne, "Le rayon gay".
Auteur de six livres, il avait publié sa dernière oeuvre, "Dernier roman", en 2004, chez Flammarion. AP

Et un petit entretien parmi tant d’autres

Guillaume Dustan par Laurent Askienazy - 27 ko
Guillaume Dustan par Laurent Askienazy

 



Docteur Hard

Dr Hard, est devenu spécialiste du porno le jour où il a découvert à l’âge de 1 an et demi la vidéothèque cachée de son maître K... Z.... Depuis, il écrit pour différents magazines Anal macrovision, Sexe pour tous, Les Chiens ne font pas des chats ou Wouf wouf party... Chroniqueur de cinéma gonzo, il rêve de devenir le Bernard Pivot du cul.

 


Il y a 1 contribution(s) au forum.


Rire et chansons : Interview croisée Dustan-Houellebecq
(1/ 1) 19 novembre 2005, par Eddy B

 

 


Rire et chansons : Interview croisée Dustan-Houellebecq
19 novembre 2005, par Eddy B

Je me permets d’attirer votre attention sur une surprenante interview croisée entre Dustan et Houellebecq, réalisée voici quelques années et ressortie sur le site de Technikart.

Vous pouvez y accéder en cliquant ICI

Certains passages sont proprement désopilants. A force de se concentrer sur leurs aspects les plus "scandaleux", la presse a effectivement oublié de souligner à quel point ces deux-là étaient aussi de grands humoristes.

Il était temps que cet aspect de leur travail soit un peu plus reconnu.


Réagir à cet article


En Résumé Plan du Site Le Collectif La Rédaction Contact Catalogue Lettre d’Information
Textes & illustrations sous COPYRIGHT de leurs auteurs. Traduction/Translation