"Vaquette, mégalomane, ou simplement ambitieux ?"
"Je gagne toujours à la fin"
Au Diable Vauvert


par Philippe Krebs,    

 

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Je gagne toujours à la fin est un roman d’aventures picaresques qui broie les couilles à la nostalgie post seconde Guerre mondiale, qui tord le cou à la notabilité figée de droite comme de gauche auto ou reverse, et au culte surrané mais pourtant présent plus que jamais du Gaullisme à la française. Avec Tristan-Edern Vaquette, nous devenons tous des résistants.
Punk monté à l’abordage de la notoriété, dandy rouge en noir, Vaquette nous livre une geste pugiliste très ultimate fighting, aussi éloignée des poncifs habituels du genre sur la guerre que le dernier Mortal Kombat, ce qui nous change des éternels la Grande Vadrouille et des livres d’historiens sur le sujet ou encore du dernier Primo Levi. Pléthore d’ouvrages sur le sujet existent dans le but affirmé soit de définir une mémoire historique proche de la réalité, soit de se servir de cette réalité historique comme levier de la distanciation, du décalage, de l’humour et de l’ironie dans une catharsis où tous les membres de la société s’érigent, intellos, artistes, politiques, historiens, sociologues, philosophes, etc. Il ne manquait plus qu’un punk rouge pour compléter la liste.
Vaquette débarque tranquille, les mains dans les poches, l’air nonchalant, avec ses références punk et loftiennes, mélange hybride de la tradition française des romans d’aventure à la Dumas et du roman tel qu’il se présente aujourd’hui, suite ininterrompue de livres du "je".
" La vraie provocation, j’ai mis des années à la comprendre", nous dit Vaquette, "ce n’est pas de dire bite, couille, trou, poil, foune, ni même bien sûr "fume du teuteu" ou "nique la police", mais plus brièvement "je"."
Vaquette, sorte de Costes "intelligent" - un Costes qui aurait fait l’E.N.A. - a raison d’aller à l’abordage de la littérature française, en jetant dans la mare au Diable des critiques, un pavé en forme de coup de tête, n’hésitant pas à citer la neuvième Panzer symphonie :
"Une pluie de mollards s’abat sur les bourges/ (...) Faut qu’on aille niquer ces loches et baiser leurs chiennes/ Une jambe dans la tête, un coup d’nez dans l’mou/On leur sort notre botte secrète : coup d’boule et coup d’genou."
L’écrivain Vaquette a le mérite de tenter la littérature, de l’amener dans son monde : "il n’y a pas de méchant système, il n’y a qu’une somme d’individuelles lâchetés".
Vaquette enfin produit une littérature sans concession, monomaniaque, mégalomélomane, qui expérimente les contours du mensonge et la forme pure de la volonté.
Depuis sa sortie le premier roman de Vaquette est en course pour le prix de Flore. Reste à savoir si Tristan-Edern se laissera déflorer ? !

Tristan-Edern Vaquette, Je gagne toujours à la fin, Au Diable Vauvert, 364 p.

Vaquette sur le net

Un très bon entretien avec l’auteur sur e-terviews.net

 


Philippe Krebs

Cordiste, éditeur, rédacteur

 


Il y a 1 contribution(s) au forum.


Diablement bien écrit !
(1/ 1) 23 septembre 2003, par Clothaire de Raspail

 

 


Diablement bien écrit !
23 septembre 2003, par Clothaire de Raspail

Tristan-Edern Vaquette est ce qui pouvait arriver de mieux au petit microcosme foireux des lettres parisiennes. Il en est le véritable animateur, ringardisant les Beigbeder, Rey et Moix en deux lignes bien torchées que lui envie déjà son pote Costes. Un second souffle, une folie douce, une énergie diabolique et un vrai sans du spectacle social, historique et médiatique.

J’espère que monsieur T-E V est bisexuel car j’aimerai bien mêler mon foutrebleu au sien.

salut au poulailler à bites, vagins et bretelles.


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